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Le cancer bronchique, première cause de décès chez l’homme en Algérie

L’immunothérapie inaccessible aux patients algériens

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le 03.12.17 | 12h00 Réagissez

Les premières actions du Plan cancer 2015-2019, inscrites dans l’axe stratégique lié à la prévention, semblent se concrétiser peu à peu sur le terrain grâce à la bonne volonté des praticiens engagés dans la lutte contre le cancer et même dans d’autres maladies non transmissibles.

Une volonté qui, tout de même, souffre d’un fort soutien des pouvoirs publics, notamment le ministère de la Santé, de la population et de la Réforme hospitalière.

Des actions qui risquent de ne pas connaître de succès si elles ne sont pas accompagnées des mécanismes nécessaires à leur réussite. Le non-enregistrement des traitements d’immunothérapie demandé depuis dix années est un exemple d’entrave.

Pour la première fois, un guide pour la pratique clinique dans la prise en charge des cancers bronchiques, non à petites cellules, la forme de cancer du poumon la plus répandue, est publié sous l’égide de la Société algérienne d’oncologie médicale, en collaboration avec le Fascicule de la santé et Global Edit Services. Il englobe les principales recommandations initiées par le Pr Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au CPMC, et coordonnées par le Pr Malika Gamaz, chef d’unité hôpital du jour au CPMC. Ce guide s’inscrit dans l’axe stratégique 4, objectif 1 et action 11 du Plan cancer 2015-2019.

«Un document qui répond parfaitement aux orientations du Plan cancer afin d’atteindre l’objectif principal de ce dernier, à savoir réduire l’incidence et la mortalité par l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de cancer», a souligné le Pr Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie, lors d’une rencontre d’information et de vulgarisation, à l’occasion du mois jaune de la lutte contre le cancer bronchique. Un cancer pourtant évitable, puisque sa cause principale est le tabagisme, a lancé d’emblée le Pr Gamaz. «Il constitue la première cause de décès chez l’homme en Algérie, et selon le registre des cancers, il représentait 12,5% pour 1000 habitants en 2012, pour atteindre dix ans plus tard 26,4% pour 100 000 habitants.

L’Algérie enregistre ainsi 10 000 nouveaux cas par an», a précisé le Pr Gamaz, avant de signaler que la maladie touche les sujets âgés entre 50 et 70 ans et la plupart des cas arrivent souvent au stade tardif, avec un cancer évolué et des métastases. Elle a insisté justement sur la stratégie de la prévention contre cette maladie dans ses différentes formes et surtout sur l’amélioration du diagnostic, car de nombreux patients passent d’abord dans différents services, notamment en rhumatologie pour des douleurs articulaires ou autres. «Les douleurs scapulo-humérales, une sorte de rhumatisme à l’extérieur de l’articulation de l’épaule, ainsi que la toux, les crachats de sang et la pneumonie sont, entre autres, les signes d’alerte d’un cancer bronchique», a-t-elle expliqué.

Le Pr Gamaz relève que les moyens thérapeutiques ont tellement évolué que même si les patients arrivent à des stades avancés, on peut améliorer la survie. Revenant sur les différentes grandes classes thérapeutiques en oncologie, la conférencière précise que les traitements sont aujourd’hui personnalisés pour chaque patient, car cela dépend des mutations identifiées et aussi de l’évolution de la maladie, qu’elle soit localisée ou métastatique.

Des traitements qui ont montré aujourd’hui leur efficacité, avec une nette amélioration de la survie jusqu’à 5 ans et plus avec la thérapie ciblée et l’immunothérapie. «Dans les années 2000, nous sommes passés à plus de 18 mois et 2015 de survie avec la thérapie ciblée et à 24, voire 50 mois, avec l’immunothérapie en 2015. C’est spectaculaire», a-t-elle souligné, tout en regrettant le non-enregistrement de cette nouvelle classe thérapeutique qui reste inaccessible pour les patients algériens. Outre les traitements thérapeutiques, la lutte contre le tabagisme constitue une prévention de cette pathologie, estime le Pr Samia Tharigt, chef de service pneumologie à l’hôpital Mustapha Bacha.

Elle rappelle que tout un dispositif réglementaire de lutte contre le tabac a été mis en place depuis des années, mais le problème réside dans l’application. Elle estime qu’il est important d’agir sur les groupes à risque.

Les fumeurs sont considérés comme des malades, il est important de les sensibiliser et de les informer des dangers du tabac. C’est pourquoi, des consultations de sevrage tabagique sont proposées aux fumeurs. Comme il est aussi important d’agir sur la population à risque, tels les adolescents et les enfants par des campagnes de sensibilisation dans les écoles avec l’aide des Unités de médecine scolaire (UDS).

La lutte contre les facteurs de risque doit être intégrée dans ces espaces, où la prise de la première cigarette est très précoce en Algérie, notamment chez les garçons, et les collégiens ne s’arrêtent pas au tabac, mais fument aussi le cannabis et la chicha, qui font des ravages. «D’ailleurs, lors des consultations, la question de savoir si le patient fume du cannabis a été introduite vu le nombre important de cas», a affirmé le Pr Taghirt, qui signale que les effets de réduction de ces maladies se mesurent à long terme. «C’est pourquoi il faut agir rapidement, car la facture risque d’être très lourde», a-t-elle ajouté.
 

Djamila Kourta
 
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