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Nabila Chibah : Perles, dentelle et passion...

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le 09.03.18 | 12h00 Réagissez

Nabila Chibah : Perles, dentelle et passion...

Fils, tissus, perles, tulle et dentelle… c’est dans ce bain qu’elle a décidé de se faire un nom.

Une passionnée de la couture et du stylisme, Nabila Chibah est une styliste, dont on entend beaucoup parler ces dernières années. Sur les plateaux télé ou les réseaux sociaux, plusieurs de ses merveilles font succès.

Mère de famille et femme d’affaires, Nabila a très bien su coudre son nom en fil d’or parmi les couturiers et créateurs algériens. Tout cela pour un seul but et unique préoccupation : défendre et promouvoir coûte que coûte la tenue traditionnelle algérienne.

D’ailleurs, aujourd’hui, c’est dans cette couture qu’elle s’est faite un nom. Nabila, née en 1972, s’est découverte une passion pour la couture et le stylisme dès son plus jeune âge. «Pourtant, je ne me rappelle pas avoir eu un jour une idole ou une source d’inspiration ! Tout ce que je sais, c’est que j’ai toujours voulu être styliste...» Elle a débuté sa carrière de styliste il y a déjà 24 ans, après avoir fait le tour de plusieurs centres de formation et anciennes écoles de couture et stylisme à Alger.

Tout a commencé quand elle n’a pas eu son bac. Elle décide donc de se tourner vers ce qui la passionne le plus : la couture. Elle fait ses premiers pas au Centre de formation professionnelle étatique Aïssat Idir, sis dans la commune d’El Harrach, et prend ses premiers cours de prêt-à-porter.

En parallèle, elle repasse son bac candidate libre, mais ne va pas jusqu’au bout. «Ma mère me mettait la pression, elle aurait préféré que je finisse mes études, mais moi j’avais la tête ailleurs. J’ai décidé de me focaliser sur mon rêve : intégrer le monde de la couture.»

Pas de temps à perdre, la jeune femme commence aussitôt à confectionner. «Dès mon intégration au centre et le début des cours de couture avec Mme Boutaleb, j’ai commencé à confectionner du prêt-à-porter. Les enseignantes des autres spécialités, les administrateurs et les employés du centre étaient mes premiers clients. Je répondais à leur demande avec beaucoup d’amour», se rappelle-t-elle. Dans ce centre, les élèves avaient un système de classe de double vacation.

Une semaine de cours la matinée et une autre l’après-midi. Nabila, elle, faisait les deux dans la semaine. Elle ne quittait pratiquement pas le centre. «Quand les autres étudiants sortaient de la classe, je gardais les clés et je me mettais à coudre.

Cela me permettait de me perfectionner et d’avoir un argent de poche en même temps.» A la fin du cursus, Nabila sort major de promo. Ne voulant pas s’arrêter là et renoncer à son rêve de devenir styliste-modéliste, elle rejoint aussi vite l’école de M. Hamini, à Notre-Dame d’Afrique, où elle rencontre le styliste Samir Kerzabi et font des études de modélisme femme. Une fois cette spécialité acquise, la jeune femme veut toujours plus.

Elle se tourne donc vers l’habit masculin et obtint un diplôme de modélisme homme d’une école au Ruisseau. «J’avais tellement d’ambition et de maîtrise, que je n’arrêtais pas d’apprendre. Après le modélisme, j’ai voulu me spécialiser dans le stylisme. Je me suis inscrite à l’école El Feth, à Birkhadem, où j’ai obtenu mon diplôme de technicien supérieur en stylisme.

C’est là où j’ai appris le moulage, le dessin de mode et tout ce qui concerne l’univers du stylisme de mode», raconte Nabila. Poursuivant : «Pour mon mémoire de fin d’études, j’ai fait mon stage pratique au sein de la compagnie aérienne Air Algérie. Mon thème était de proposer des costumes aux commandants de bord et des tailleurs aux hôtesses de l’air. Une fois encore, j’étais la première de ma promo.» Durant tout son cursus et ses formations, Nabila n’a jamais arrêté de coudre, depuis la toute première école qu’elle a côtoyée.

Elle débute sa vie professionnelle avec le prêt-à-porter. Un marché qui se retrouve aujourd’hui étouffé par les marchandises turques et chinoises. «Les clients de l’époque se faisaient confectionner des ensembles, tailleurs et même des manteaux, ce qui est très rare actuellement. Le marché algérien du textile est noyé par le choix et la qualité de la concurrence étrangère. Les couturiers, stylistes et modélistes de nos jours se concentrent sur le vêtement d’événement et soirée, occidental ou oriental.»

Aujourd’hui, dans sa boutique, située à Alger-Centre, Nabila fait de tout. «Des robes de soirée, des robes blanches, tailleurs et robes de cocktail… je fais tout ce qui peut être confectionné dans les vêtements d’événement et de fête.» Mais elle a choisi la tenue traditionnelle pour se spécialiser.

Dans son arrière-boutique, qui lui sert de petit atelier, avec deux machines seulement à l’intérieur, Nabila Chibah fait des merveilles qu’on voit souvent portées par des artistes et journalistes algériens. Une manière pour elle, de promouvoir le patrimoine vestimentaire algérien et le faire connaître à travers le monde. Un combat qu’elle tient depuis des années et qu’elle continue…

Ryma Maria Benyakoub
 
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