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Guerre d’Algérie : Le militant Noël Favrelière est décédé

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le 26.12.17 | 12h00 Réagissez

Noël Favrelière est décédé le 11 novembre dernier à l’âge de 83 ans. Sa famille l’a annoncé seulement le 19 décembre et quelques journaux français comme Le Monde et Libération ont annoncé ce décès.

Durant la guerre de Libération nationale, il faisait partie de ces héros de l’ombre qui se sont engagés auprès des révolutionnaires algériens. Soldat malgré lui comme des centaines de ses compatriotes, Noël Favrelière s’est retrouvé engoncé au milieu d’un conflit qui ne le regardait pas, à des centaines de kilomètres de chez lui.

En Algérie, il découvre l’inimaginable commis par l’armée française dont il porte l’uniforme : exécutions sommaires, traitements dégradants, racisme. Il décide, à 22 ans, de quitter, au prix d’une souffrance physique inouïe, la scène des combats et de rejoindre l’ALN après s’être enfui avec un prisonnier algérien dont il sauva ainsi la vie en 1956. Il continuera la guerre du côté algérien dans l’est du pays et en Tunisie.

Condamné à mort deux fois, interdit de séjour, il finit cependant après l’amnistie par regagner son pays. Né en 1934 à La Rochelle, d’un père qui devint résistant pendant l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, il effectue son service militaire en Algérie avant le soulèvement de la Toussaint, en 1954, et il avait été rappelé en 1956.

Un très beau documentaire, Algérie, les deux soldats, raconte son courage pour refuser l’inhumanité d’une guerre coloniale hideuse. Le film documentaire de Marc Bessou avait été diffusé l’été dernier par la chaîne Toute l’Histoire et El Watan en avait rendu compte : «Fils de résistants, le soldat assiste à plusieurs exactions dans sa compagnie de paras : enfant abattu par un tireur d’élite, prisonnier jeté d’un hélicoptère en vol...

Les fils de fer serrés sur les bras des prisonniers jusqu’à leur couper les bras, cela me rappelait ce que me disait un oncle déporté par les nazis en Allemagne. Je n’en pouvais plus.» D’autant que son père, opposé à la guerre, l’avait mis en garde de ne pas «devenir un boche», comme on appelait alors les Allemands.

Avant de lui dire, en un dernier adieu devant le train qui s’ébranlait : «Je sais bien que tu ne le seras jamais.» Devant la barbarie à laquelle il assiste, il décide alors de s’enfuir, le 19 août 1956. «Partir, c’était comme un cri». Il convainc le jeune moudjahid de 19 ans, Necir Mohamed Salah, dont il a la garde, de le suivre, même s’il est blessé au pied. Ils vont marcher quatre jours pour arriver à un poste de maquisards, dans la région de Tébessa. «Je ne voulais pas qu’il meure, ce petit gars», dit-il.

Walid Mebarek
 
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