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M’hamed Kouidmi. Fondateur de Mahara’ty

A travers le parcours Mahara’ty, 70% des personnes trouvent un emploi dans les dix mois qui suivent

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le 10.01.18 | 12h00 Réagissez

Chercher un emploi devient tout un programme dans le cadre de l’initiative Mahara’ty, un concept qui propulse les jeunes au plus proche de la vie en entreprise. En se basant sur le développement des compétences, du réseau, etc. Mahara’ty se fait un véritable agitateur de conscience professionnelle et se tiendra à Blida (du 28 janvier au 11 février) ; suivront Béchar et Annaba.

Qu’est-ce qui a motivé la création de mahara’ty ?

Il faut savoir que Mahara’ty voit le jour en 2015, deux ans après la création de la boîte «Business Wise». La création de Mahara’ty a été motivée par un constat et des interrogations sur le marché de l’emploi : que faut-il faire pour réduire le chômage en Algérie ? En tant qu’entreprise sociale, qui est Business Wise, notre but ultime est d’avoir un impact social, tout en créant de la valeur économique.

Par conséquent, la problématique la plus urgente dans le contexte actuel est de lancer une «guerre» contre le chômage ! Mahara’ty est accélérateur d’emploi algérien fait par des Algériens et pour des Algériens. Grâce à ce parcours, 70% des personnes trouvent un emploi dans les dix mois qui suivent la formation. Nous avons également un taux de 6% de création d’entreprise.

Justement, comment avez-vous procédé au début ?

D’abord, nous avons réalisé une étude nationale sur le marché de l’emploi, des focus group et des entretiens afin de comprendre pourquoi il y a autant de diplômés et les jeunes se plaignent de ne pas trouver de postes en adéquation avec leur cursus. Alors que les employeurs se plaignent de ne pas pouvoir recruter les bons profils. L’autre constat que nous avons fait est que l’Etat met beaucoup de moyens à travers l’Ansej, l’Anem, etc pour faire évoluer la situation. Il y a un réel effort étatique, cependant sur l’exécuter c’est autre chose. Nous avons constaté plusieurs problématiques.

Bien que nous ayons une bonne éducation dans notre pays dans le volet technique. Mais en termes de capacités personnelles, il y a un réel problème entre ce que produit l’université algérienne et ce que demande le marché économique.

Les jeunes manquent cruellement de «soft skills» ou compétences personnelles qui se concentrent sur le fait de savoir parler, se présenter, la confiance soi, etc. ; c’est ce qu’on appelle les compétences du XXIe siècle qui sont importantes de par le monde, alors qu’elles sont totalement marginales et négligées chez nous. En partant des résultats de ces recherches, nous avons créé le parcours Mahara’ty.

En quoi consiste ce parcours ?

Le parcours Mahara’ty est basé sur de la formation, loin des cours studieux en classe. Au contraire, les formations que nous proposons sont basées sur des exercices, des activités, de la créativité, des mises en situation, etc. Avec une équipe d’experts formateurs on a créé le parcours de Mahara’ty pour aider le jeune à s’accomplir économiquement et personnellement.

C’est-à-dire que ce jeune doit d’abord comprendre d’où il vient et ce qu’il a en lui. Ses compétences peuvent être endommagées par son environnement, alors que le parcours Mahara’ty permet de les identifier. Nous naissons tous avec plus ou moins les mêmes aptitudes créatives, l’empathie, etc.

Quand on grandit, les influences socio-émotionnelles et socioculturelles font de nous des adultes «pauvres émotionnellement».

Je m’explique : cela veut dire que nous pouvons avoir des réflexions racistes, alors que pour un enfant il n’y a pas de différences. Même constat dans la question du genre, la différence entre les garçons et les filles. C’est la société qui fait de nous ce que nous sommes émotionnellement.

Ce parcours presque initiatique change totalement notre manière d’aller chercher un travail...

Tout à fait. A l’issue des dix premiers jours de l’expérience Mahara’ty, le participant pourra approfondir sa connaissance de lui-même et de ce qui l’entoure, renforcer sa confiance, développer son leadership et son intelligence émotionnelle, la prise de parole, la communication interpersonnelle, le travail en équipe, etc.

Durant les dix premières journées du parcours, nous serons concentrés sur les compétences-clés. Puis, on poursuit le programme sur une nouvelle formation de cinq jours dédiée aux comportements au travail. A cette étape, nous renforçons la professionnalisation du jeune en ce qui concerne le respect des deadline, comment gérer les relations en entreprise, la confidentialité, etc.

Des éléments importants qui développent beaucoup la conscience professionnelle. Par ailleurs, il y a également des formations pour faire comprendre au jeune l’environnement dans lequel il va travailler, et pour cela on lui enseigne également ses devoirs et ses droits. A travers la compréhension des contrats, l’assurance, les déclarations, les charges sociales, afin qu’il puisse planifier sa vie comme un adulte. L’autre module concerne les techniques de recherche d’emploi. C’est aussi lui faire comprendre que rechercher un emploi est en soi un emploi !

C’est-à-dire ?

Le jeune ne peut plus se permettre de répondre simplement à une annonce, en poster une, ou bien s‘inscrire sur des plateformes dédiées à la recherche d’emploi et attendre que sont futur employeur le trouve parmi des centaines de candidatures. Il faut supprimer l’idée de «je suis chômeur» et évoluer vers l’optique de «chercheur d’emploi».

Aussi, nous agrémentons cette formation pour la rédaction de CV, de lettre de motivation et de comment créer son propres réseau.

Il y a beaucoup de jeunes qui disent : «Je ne trouve pas d’emploi car je n’ai pas de ‘‘maârifa’’ (des connaissances bien placées)» ; justement, dans Mahara’ty, nous avons un atelier intitulé «Maarifa» ! On leur fait comprendre qu’avoir un réseau n’est absolument pas négatif tant que la personne est recrutée pour ses compétences.

Finalement, «el maarifa» est le réseau professionnel qu’il faut constituer, garder et faire prospérer ses contacts tout au long de sa carrière. Nous leur apprenons également à gérer leur identité numérique à travers les réseaux sociaux et maintenir un certain professionnalisme dans la manière de communiquer.

Vous allez à Béchar, Annaba et Blida... D’autres projets dans le cadre de Mahara’ty ?

En effet, dès cette semaine, nous lançons un appel à des mentors avérés qui sont dans l’optique d’aider les jeunes et de les porter tout au long de leur recherche d’emploi et de leurs débuts dans le secteur socioprofessionnel.

Tous les candidats à cette formation trouveront les dates d’inscription et les dates limites sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/maharatydz/

Faten Hayed
 
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