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Expo : El Moustach à l’Espaco

Un seul héros, le pop art

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le 10.03.18 | 12h00 Réagissez

L’Espaco a pris des couleurs avec l’exposition «Soug ur Mother is open at night» d’El Moustach. En effet, cet artiste féru d’imagerie populaire a investi l’espace avec son univers haut en couleur depuis le samedi 3 mars. A l’entrée, une parodie d’affiche électorale nous accueille.

Ce sont les personnages du film Carnaval fi dechra qui remplissent la liste avec, à leur tête, le légendaire Athman Ariouat. Véritable personnage fétiche d’El Moustach, Ariouat est le super-héros.

Grimé en Che Guevara ou sévissant en justicier, il est boosté par son aura populaire pour combattre un pouvoir obscur personnifié par Dark Vador. L’expo présente également des animations où El Moustach se présente cette fois lui-même en super-héros combattant l’Austérité (poulpe géant avec des ceintures en guise de tentacules) ou encore la redoutable «Main de l’étranger».

Comme à l’accoutumée, l’artiste mêle savamment les références de la culture populaire algérienne et mondiale. L’affiche est un modèle du genre. El Moustach y revisite la célèbre miniature de Bachir Yelles représentant Larbi Bensari et son orchestre dans un mariage traditionnel. Là encore, Ariouat mène l’orchestre bendir battant.

Matoub Lounès, Dahmane El Harachi, Lotfi Attar (Raina Raï) et Al Anka chaussant des lunettes 3d sont aussi de la partie. On y trouve aussi un basketteur, une footballeuse et des enfants qui prennent des selfies…

Le parcours de l’exposition est plutôt ludique. Des installations viennent d’ailleurs enrichir les œuvres déjà publiées en ligne, accrochées dans la rue ou des espaces alternatifs (mais aussi tout récemment dans une galerie de Londres). Le «Bruce Lee à la truelle» est par exemple placé à côté d’un empilement de briques, référence aux travailleurs chinois du bâtiment.

S’il reste très visuel, l’art d’El Moustach réside surtout dans la manipulation des références. Internet a été un véritable laboratoire pour lui, dans le sens où il lui permet de tester les réactions avec finesse afin d’ajuster le tir. L’approche est peut-être proche du marketing, sauf que cela est d’abord fait pour le plaisir des yeux et de l’esprit. En outre, des marques comme Hamoud Boualem ont déjà fait appel aux services du graphiste.

Cette première exposition dans le circuit artistique mainstream est une épreuve réussie pour le jeune artiste de Boumerdès. Il a d’ailleurs profité des conseils judicieux de Jaoudet Gassouma, commissaire de l’exposition. En effet, la mise en espace est particulièrement efficace. Les couleurs fusent de toutes parts : des cageots bariolés tapissent le mur du fond et une Moustachmobil (Peugeot 504 familiale) carburant aux «likes» décolle des escaliers…

Cette exposition permet également à l’artiste de s’engager dans un modèle économique viable. Chaque œuvre est sérigraphiée en édition limitée de 5 pièces et vendue à un prix plutôt abordable (Hicham Gaoua y tient particulièrement). Résultat, les ventes ont décollé ! Avant même le vernissage, des acheteurs appelaient la galerie pour réserver. Le profil des acheteurs est assez diversifié. En plus de la clientèle habituelle, des amateurs d’art, beaucoup de jeunes entrepreneurs et entrepreneuses ont sauté le pas.

Des boites de communication ont aussi acquis des œuvres pour habiller leurs locaux… Quant aux stickers et t-shirts, ils ont tous été vendus. El Moustach a manifestement trouvé le bon timing pour se placer dans le «marché». La mayonnaise a largement pris grâce à sa présence en ligne. Maintenant que le décollage est réussi, l’artiste a la tête remplie d’objectifs.

Il pense par exemple sortir des autocollants à grand tirage pour les vendre à bas prix ou encore développer des jeux et applications mobile inspirées de son univers. Des projets réalisables à condition de trouver les ressources humaines et financières. En attendant, l’expo est visible à l’Espaco jusqu’au 23 mars. Un tome 2 est prévu à Dar Abdellatif et un troisième au Bastion 23. El Moustach est dans la ville et les forces du mal n’ont qu’à bien se tenir.

Walid Bouchakour
 
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