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Fronton : Un art si humain

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le 07.04.18 | 12h00 Réagissez


Au-dessus de son arc élégant, le tunnel des facultés d’Alger, percé en 1950, présente une façade d’une grande visibilité dans la perspective de l’avenue Pasteur. Dans les années 1980, la ville fit un moment appel aux artistes et une fresque contemporaine de Zoubir Hellal et Malek Salah vint l’orner. Puis l’œuvre disparut sans crier gare. Plus tard, on vit apparaître un immense panneau publicitaire lumineux, tel un signe des temps à la gloire de la consommation.

Mais cette semaine, quelle surprise de voir s’y étaler l’annonce d’une pièce de théâtre ! Ainsi, El Herass (Le Gardien) de Harold Pinter, montée au Théâtre régional de Sidi Bel Abbès par Azzedine Abbar, devient la première pièce de l’histoire du quatrième art algérien à disposer d’une promotion aussi copieuse, relayée par des panneaux de trottoir également lumineux où s’affiche aussi Kayan oua kayan, one-man-show de Lamri Kaouane, le tout signé par le nouveau Théâtre municipal d’Alger (ex-Casino). Situé à moins d’un kilomètre du Théâtre national algérien, il est venu constituer avec son aîné l’embryon d’un pôle urbain de la discipline.

C’est là un indice de plus dans la dynamique qui semble gagner le quatrième art, au moment où la disette financière laissait penser plutôt à «une mort annoncée». Comme dans un rebondissement de troisième acte, le théâtre montre qu’il n’a pas la moindre intention de passer par la trappe du souffleur. En tout cas pas sans résister, ce qu’il fait de belle manière, parvenant parfois dans des conditions médiocres à produire des œuvres novatrices qui redonnent au public le goût du spectacle dramatique.

N’a-t-on pas vu – ainsi que le relatait notre confrère Mohamed Kali lors du dernier Festival national du théâtre professionnel – des troupes présenter des pièces montées avec comme budget principal la seule passion de leurs membres ? N’a-t-on pas assisté à l’affirmation de compagnies indépendantes avec, entre autres, le grand succès populaire de Torchaqa, d’Ahmed Rezzak ou la prodigieuse deuxième vie de Babour ghraq, de Slimane Benaïssa, ainsi que l’apparition, ça et là  de nouveaux talents ?

Le TNA multiplie les actions, telle la création d’un prix des études sur le théâtre, le lancement d’un mois des dramaturges ou encore cet hommage posthume à Abdelkader Farrah, scénographe de la Royal Shakespeare Company connu dans le monde entier. Le Théâtre régional d’Oran renoue avec les idées et l’enthousiasme d’Abdelkader Alloula dont il porte le nom et lui consacre un hommage marqué et sensible près d’un quart de siècle après son assassinat. Et d’autres bonnes nouvelles en provenance d’El Eulma ou d’ailleurs…

Jusqu’où pourra tenir cet élan sans la manne publique et la faiblesse du mécénat ? La réponse à cette question dépend aussi de vous, chers lecteurs et lectrices. Alors, prenez-vous par le bras et allez au théâtre pour y voir des pièces mais aussi soutenir ceux et celles qui se battent pour un art si humain.

 

Ameziane Ferhani
 
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