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Fronton : Casbah suite

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le 03.02.18 | 12h00 Réagissez


La rencontre internationale sur La Casbah d’Alger a permis de mettre en lumière la vénérable cité, percluse de lésions, mais surtout atteinte du mal profond de l’indifférence dans laquelle elle sombre à chaque (et rare) fois qu’il lui arrive de susciter l’attention. Nous avons maintes raisons de croire que ce ne sera pas le cas cette fois-ci. Mais, instruits par l’expérience, nous en avons autant a contrario.

Aussi, le succès de la rencontre n’en sera un que s’il se traduit dans les jours et années à venir par une permanence de la réflexion, de la concertation et de l’action. Sans mobilisation durable et sans communication permanente, la belle aux toits dormants continuera à décrépir dans son sommeil comateux, à peine troublé par le bruit des craquements, fissurations et effondrements.

Quand on a plusieurs siècles dans les artères, la moindre minute de perdue devient catastrophique. En 2011, Belkacem Babaci, président de la fondation Casbah, affirmait que sur les 1200 bâtisses recensées en 1962, il n’en restait que 780, dont la moitié en situation critique.  
Par ailleurs, il nous semble que la rencontre n’a pas suffisamment souligné l’intérêt économique d’une régénération de La Casbah. Bien sûr, il s’agissait d’un bien vaste sujet après un long retard de discussion.

Tous les arguments historiques, patrimoniaux et culturels d’une telle entreprise sont déjà assez importants pour la justifier. Mais, en ces temps de disette économique et de haute sensibilité sociale, il n’est pas inutile de gagner davantage l’opinion publique. Il y a tant d’exemples de villes au monde qui vivent largement de leurs noyaux historiques sans céder au mercantilisme. Quelle honte y aurait-il donc à souligner qu’une Casbah vivifiée rapporterait aussi de l’argent ? On parle bien d’héritage à propos de patrimoine !

Une des questions posées porte sur l’anonymat de très nombreux propriétaires. Ce serait 40% des maisons dont on ignore l’appartenance, ce qui a grandement paralysé l’action publique. Jusqu’à quand tergiverser ? Nous l’avions déjà proposé ici : l’Etat doit prendre ses responsabilités régaliennes et mettre en avant l’utilité publique.

Appliquée, par exemple, pour le passage d’un simple chemin vicinal, pourquoi cette notion juridique ne serait-elle pas valable pour La Casbah ? Dès maintenant, l’Etat peut décréter un moratoire d’une année à l’issue duquel toute bâtisse non réclamée entrerait définitivement dans le domaine public.

Les propriétaires qui se présenteraient après le délai (durant six mois par exemple) auraient droit seulement aux indemnisations. Mais on ne peut laisser d’interminables, voire ridicules, querelles d’héritiers ou des indifférences monstrueuses se mettre en travers d’un dessein national aussi important et aussi symbolique. Une telle décision serait la manifestation claire et nette d’une véritable volonté. Soit tout ce qui a manqué à ce jour à un lieu dont les murs eux-mêmes pleurent un incroyable immobilisme.

 

Ameziane Ferhani
 
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