Edito
 

Simple surenchère ?

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le 12.08.17 | 12h00 Réagissez


A part quelques réactions notamment de la région qui appellent tous (toutes) à la raison, le monde semble intéressé par ces échanges auxquels procèdent, de manière indirecte bien entendu, les Etats-Unis et la Corée du Nord. Pourtant, et même si le discours est semblable à celui que le monde entend à vrai dire, depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, il y a un fait nouveau, c’est celui des moyens, entendre par là l’armement. En ce sens, la Corée du Nord a franchi des pas considérables en se dotant d’abord de l’arme nucléaire, et ensuite de missiles intercontinentaux, ces fameux ICBM. Et c’est bien cela qui alimente ou porte le nouveau discours des dirigeants de Pyongyang. Ce n’est pas peu, et pour les spécialistes, il s’agit bien plus d’une simple escalade verbale, à laquelle le président américain apporte une réponse presque identique. Donald Trump a de nouveau menacé hier d'employer la force contre la Corée du Nord, affirmant que «les solutions militaires sont maintenant complètement en place et prêtes à l'emploi, si la Corée du Nord se comporte imprudemment».

La veille, déclarait-il déjà, «si la Corée du Nord fait quoi que ce soit — ne serait-ce qu'en songeant à attaquer des gens que nous aimons, ou nos alliés, ou nous-mêmes — elle devra vraiment s'inquiéter». Mais qu’en est-il des Américains ? Ne sont-ils pas eux aussi inquiets, surtout depuis que la Corée a désigné une cible, qui n’est autre que la base américaine de l’île de Guam dans le Pacifique ? Sur ce qui est considéré comme un avant-poste-clé pour les forces américaines sur la route de l'Asie, sont déployés près de 6000 soldats. La violence verbale de ces derniers jours aurait eu très peu d’impact, sinon aucun. «Aucune menace imminente, et rien ces derniers jours n’indique que la situation ait évolué de ''façon dramatique''.» Ce sont là les propos mêmes du secrétaire d’Etat américain. Est-ce réellement la situation qui y prévaut et, dans ce cas-là, il faut considérer le discours, notamment coréen, pour ce qu’il est et rien de plus, c'est-à-dire qui laisse craindre une nouvelle guerre ? La réponse paraît bien difficile, tant les données semblent elles-mêmes manquer de précision, la seule certitude étant les deux tirs d’ICBM réussis par Pyongyang il y a un mois. Et pourtant un nombre de pays de plus en plus grand appelle à éviter le pire et commencer par mettre fin à une espèce de surenchère, ou encore «éviter les paroles et actions» susceptibles d’accroître la tension dans la péninsule. En d’autres termes, préserver la paix dans le monde, et c’est bien de cela qu’il s’agit, en affirmant qu’«il n’y a pas de solution militaire à ce conflit».Ce qui consiste, selon ces mêmes intervenants, à éviter de «recourir à de vieilles recettes consistant à enchaîner les démonstrations de force». A l’inverse, une guerre avec de pareils engins, c’est un niveau de destruction jamais atteint. Ce serait trop grave et tout aussi dangereux pour le monde. Il est temps de donner toute sa chance à la diplomatie.

Mohammed Larbi
 
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