Edito
 

Le sommeil du juste et les calculs morbides

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le 13.03.18 | 12h00 Réagissez


C’est dans la douleur et le deuil que l’on reconnaît les siens, que l’on peut juger si les liens avec les gens qui nous entourent dans notre vie familiale, sociale, professionnelle sont forts, sincères ou franchement hypocrites.

La disparition brutale de notre collègue, frère et ami Mohammed Larbi nous a un peu plus édifiés sur la cruauté du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Nous avons perdu jusqu’aux valeurs les plus élémentaires de compassion, de solidarité que l’on devrait naturellement éprouver face à des événements douloureux. Les calculs égoïstes, les règlements de comptes, la jalousie primaire et injustifiée sont devenus les nouveaux référents qui façonnent les liens sociaux et structurent nos sociétés. Au point où même l’attitude face à la mort a changé de nos jours.

Le sujet mérite certainement une thèse d’Etat universitaire pour appréhender et disséquer les bouleversements sociaux que connaissent les sociétés contemporaines déshumanisées jusqu’à en perdre leur âme et à faire retourner l’être à ses instincts primitifs et bestiaux, faits d’agressivité et de méchanceté, souvent gratuites d’ailleurs, et de malveillance qui confine parfois jusqu’à la haine. Même la présence aux enterrements et la présentation des condoléances, des gestes naturels et spontanés puisés de nos traditions et culture, sont devenus sélectifs et intéressés, en fonction du rang social, du statut, de la proximité avec les sphères du pouvoir. Ce sont les nouveaux codes sociaux qui régissent les rapports entre les hommes. Un haut responsable peut ainsi perdre son poste, des portes peuvent se refermer brutalement au nez d’hommes d’affaires qui émargent aux marchés publics, parce qu’ils ont eu «l’indélicatesse» de s’afficher à l’enterrement d’une personne blacklistée pour ses positions vis-à-vis du pouvoir.

La leçon est bien assimilée par tous les opportunistes, les carriéristes qui attendent des prébendes et des largesses des institutions. L’enterrement de notre ami Mohammed Larbi qui s’est déroulé dans l’intimité familiale, en présence de ses amis et collègues, tel qu’il l’aurait certainement souhaité, connaissant sa simplicité et son humilité, n’a surpris personne parmi tous ceux qui se sont déplacés pour l’accompagner à sa dernière demeure. Tous les visages qu’il aurait aimé voir à ses funérailles étaient présents physiquement, ou par le cœur et l’esprit à travers les messages et pensées parvenus à la famille.

De par sa nature discrète, viscéralement allergique aux feux de la rampe, il aurait aimé sans aucun doute partir ainsi porté dans son cercueil par des bras sincères qui se souviendront de lui à jamais, de ses qualités humaines et professionnelles, laissant à leurs calculs, à leurs petites phrases et leurs caricatures malvenues de mauvais génie qui n’atteindront jamais Mohammed dans la grandeur de son âme et dans sa paix intérieure. Les nombreux témoignages spontanés et émouvants sur les réseaux sociaux de personnes qui l’on connu de près ou de loin ou des anonymes qui appréciaient son travail journalistique et particulièrement son engagement pour les causes justes dans le monde, notamment pour la libération de la Palestine et du Sahara occidental valent plus que tous les messages et marques de compassion qu’il n’a pas reçus, y compris du ministre de la Communication, Djamel Kaouane, qui a pourtant connu notre ami Mohammed Larbi dans une autre vie, au quotidien El Moudjahid où il était, comme lui, journaliste.

Omar Berbiche
 
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