Chroniques Point Zéro
 

Les grands voyageurs (5) Bouteflika à Zéralda

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 08.03.18 | 12h00 Réagissez


Un proverbe algérien affirme qu'il est préférable d'avoir beaucoup voyagé dans sa vie que d’avoir longtemps vécu. Bien sûr, chaque règle possède ses exceptions, à l’image de l’actuel président algérien qui a beaucoup voyagé et vit depuis longtemps. Depuis Oujda où il est né, jusqu'en Algérie où il devient en 1962 ministre de la Jeunesse et des Sports à l’époque où il est jeune et fait du sport, il entame ensuite un long tour du monde une fois nommé ministre des Affaires étrangères, quand il entre enfin dans les étranges affaires. Puis encore une fois, lors de son départ à la mort de Boumediène, il voyage à travers un exil doré qui le conduit dans des pays du Golfe. Aujourd’hui, il ne voyage plus. A Zéralda où il joue avec sa télécommande, selon la formule d'un proche du sérail, il est usé, fatigué dans un pays fatigué, peuplé de citoyens fatigués, ce qui pourrait donner à croire qu’il s’agit de cohérence globale.

Ce qui est tout aussi faux puisque l’Algérie n’a jamais eu autant besoin d’un grand voyageur infatigable, une personnalité pleine d’énergie et audacieuse, là où le système, recroquevillé sur lui-même, en a décidé autrement, mieux vaut être dirigé par quelqu’un qui ne bouge pas pour que rien ne bouge. Tactique inertielle qui consiste évidemment à reconduire tous les hommes de la Cour et à éconduire tout suspect d’une tentative de mouvement. Dans son dernier message lu en son nom hier, le Président s’étonnait d’ailleurs de l’ampleur de la migration clandestine. Alors que tout le monde pensait aux harraga partant à grands risques vers l’Europe, le Président ne parlait en réalité que des migrants subsahariens qui viennent en Algérie. De Zéralda, «l'isolement positif» selon la formule de Messahel, inventée pour justifier la fermeture de 6 frontières terrestres sur les 7 que compte l'Algérie avec ses voisins, prend du sens. On ne voit pas tous ceux qui partent, on ne parle que de ceux qui arrivent. Alors que pour ces derniers, ce n’est pas encore la

fin du voyage.
Fin

Chawki Amari
 
loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie