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Saïd Sadi à Montréal : «L’Algérie a toujours eu un problème avec ses binationaux»

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le 16.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	Saïd Sadi
Saïd Sadi

Invité de la Fédération des Amazighs d’Amérique du Nord (FAAN) dans le cadre de la troisième édition du Festival amazigh de Montréal, Saïd Sadi a intitulé son intervention «Emigration nord-africaine : analogie et spécificités».

L’ancien patron du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) est revenu, avant-hier, lors d’une conférence donnée à Montréal, sur la relation entre l’Algérie et son émigration, en dressant un parallèle avec celles du Maroc et de la Tunisie vis-à-vis de leur diaspora. Saïd Sadi, qui était l’invité de la Fédération des Amazighs d’Amérique du Nord (FAAN) dans le cadre de la troisième édition du Festival amazigh de Montréal, a intitulé son intervention «Emigration nord-africaine : analogie et spécificités».

Après l’indépendance des trois pays nord-africains, «la Tunisie sera le pays qui suivra le mieux sa communauté expatriée. Bourguiba facilitera les allers et retours et encouragera les investissements de fonds émanant de France. Le contact permanent avec l’extérieur maintenu à travers le tourisme confère à l’émigré l’image d’un acteur plutôt bien vu dans le pays et utile à la promotion nationale», explique-t-il.

Le Maroc adoptera une politique pratiquement semblable jusqu’à l’affaire Benbarka qui a provoqué une rupture des relations avec la France et un repli drastique du flux migratoire. «Les conséquences économiques de cette affaire sont dures à supporter ; d’autant que la révolte du Rif de 1958 réprimée dans le sang n’a pas vraiment cicatrisée.

L’encouragement à l’émigration sera entrepris avec une rigueur et une arrière-pensée politique qui ne seront jamais démenties. C’était à la fois une nécessité sociale et une soupape de sécurité politique. Commença alors une programmation méthodique de quotas répartis entre des pays comme la Belgique, la Hollande, l’Allemagne et, plus tard, le Canada.

Le bouillonnant Rif donnera les premiers contingents», rappelle l’ancien président du RCD. Le cas de l’Algérie est différent, puisque les Accords d’Evian l’avantageaient sur ce plan. «L’émigration, déjà bien établie en France, va bondir après l’indépendance dans la foulée des Trente Glorieuses.

Plus tard, les regroupements familiaux dessinent progressivement un autre type de migration avec la féminisation et la naissance sur le sol français de la deuxième génération, c’est l’avènement des binationaux avec lesquels l’Algérie ne parviendra jamais à trouver un point d’équilibre», analyse Saïd Sadi.

«Alors que le président Boudiaf avait donné son accord pour une prise de contact avec l’émigration pour étudier les formes les plus indiquées de son intégration dans le développement national, Bouteflika opposera un refus catégorique au motif que ces gens ‘‘ne sont pas contrôlables’’», dira-t-il.

«Les rapports entre les trois communautés étaient plus denses qu’ils ne le seront après les indépendances. Les associations dans les petits commerces n’étaient pas rares et les lieux de vie étaient généralement communs», explique Saïd Sadi qui rappelle aussi dans son livre Cherif Kheddam Abrid Iggunin, Le chemin du devoir, que ce dernier, qui n’était alors qu’un ouvrier, a été repéré par des artistes marocains.

«L’Algérie peine à s’accommoder avec ses binationaux que la dernière révision de la Constitution assigne à un statut de citoyens suspects en leur interdisant l’accès à des postes de responsabilité jugés sensibles. Et cela n’est pas le propre de la phobie d’un homme. C’est une appréhension générale du système algérien», dira-t-il.

Saïd Sadi illustre son propos par des événements qui se sont déroulés en 1990, alors que le RCD gérait l’APW de Tizi Ouzou : «Nous avions élaboré une étude destinée à mettre sur pied une banque dédiée au drainage et à la mise en valeur des avoirs financiers des émigrés, qui avait été finalisée et l’installation de la Financière de Kabylie allait voir le jour. Quelques semaines plus tard, Ali Benouari, ministre du Trésor, m’annonce que le projet est bloqué par une décision qui... dépasse le gouvernement.» C’est dire !
 

Samir Ben
 
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